Publi le jeudi 15 mai 2008

Le 400è de Québec

15 05 2008

La Presse nous apprend ce matin que l’Office du tourisme et des congrès de Québec a dépensé 5 millions pour faire la promotion des fêtes du 400è dans le monde, alors qu’il n’a consacré que 500,000$ au Québec.  Daniel Gélinas, le PDG des fêtes avoue qu’il n’y a pas eu de communication avec l’ensemble des médias québécois. Cela veut dire que les premiers concernés, l’ensemble des québécois, n’ont jamais été correctement informés de la vision des créateurs des fêtes, de ses événements et de sa signification. Dans un sondage publié le 15 mai, Léger marketing a dévoilé que seulement 28% des québécois s’intéressaient beaucoup aux fêtes. Pas étonnant que cet événement est perçu comme une célébration locale dont le contexte historique nous échappe.

Dans une tribune téléphonique diffusé la semaine dernière dans le cadre de l’émission Maisonneuve en direct on a posé la question «  Le 400è de quoi? ». Les réponses sont allées dans tous les sens, de la fondation de la ville elle-même, à la création de la francophonie québécoise, canadienne et même nord-américaine, en passant par le berceau des états québécois et canadiens, l’alliance avec les premières nations, le début de l’assimilation des francophones à cause de l’attitude de Stephen Harper et la visite de la Gouverneure générale en France et une occasion pour la ville de remplir les hôtels pour s’en mettre plein les poches. Ouf! À défaut de connaître notre histoire, on ne peut pas nous reprocher de manquer d’imagination. Dans un questionnaire à choix multiples sur notre histoire piloté par Léger Marketing on apprenait que la Canada avait été découvert par Christophe Colomb et que De Maisonneuve avait créé le Canada en 1867. Les fêtes sont une occasion manquée de nous en faire apprendre plus sur un moment important de notre histoire.

J’ai peur que Québec ne soit en train de mettre la table pour une suite du flop de l’aventure des Grands voiliers de 1984. Car il y a d’autres décisions du comité organisateur qui mettent en cause sa compétence. On lui a offert d’organiser un événement autour du Concerto de Québec d’André Mathieu, dont Alain Lefèvre a vendu 40,000 cd, un exploit pour un disque de musique classique. Le comité a refusé. Pendant ce temps-là plusieurs orchestres symphoniques partout dans le monde joue cette œuvre pour rendre hommage à Québec, bizarre!

Quand on consulte le programme des fêtes pour cet été il n’y a que quatre événements qui ont une portée internationale, le spectacle de Céline Dion pour un soir, l’exposition du Louvres pour un mois, le sommet de la francophonie qui ne s’adresse pas au grand public et le spectacle de Robert Lepage dont la réputation internationale se limite à ceux qui fréquentent le théâtre d’avant-garde et l’opéra. Ceux qui croient que le plus long diaporama du monde sur des silos va attirer le monde entier rêvent en couleur. On ne peut pas dire que tout cela justifie les 5 million dépensés. Tout le reste de la programmation s’adresse d’abord aux québécois.

Le 400è de la fondation de la ville de Québec est avant tout un événement régional malgré ce que voudraient croire les habitants de la ville. Pour nous, comme francophones en Amérique, c’est important, mais pour le reste du continent et du monde, à part la France, ça a une portée très limitée. C’est pourquoi il fallait surtout investir pour intéresser les québécois, les français, les francophones et les francophiles du Canada. Il est encore temps de corriger le tir, mais ça presse.